Entretien avec Adrien Contardo

Tu peux te présenter ?

J’ai 29 ans, je suis psychologue du travail et ergonome et je travaille à l’OPSAT (Organisme pour la Prévention de la Santé au Travail). Mon travail se situe sur tout le secteur Jurassien, auprès des entreprises qui désirent être accompagnées dans leurs projets, quels qu’ils soient, afin de positionner la santé des salariés comme un enjeu de performance des entreprises. Actuellement en CDD, j’espère pouvoir continuer ce travail basé à Dole.

 

Tes premiers pas sur un terrain de rugby ?

Je devais avoir 7 ans… Mes parents ne m’ont pas particulièrement poussé vers le rugby, mais après une année de judo et quelques mois seulement après que mon père et mon oncle soient devenus champions de France avec le CSL, ce passage vers le rugby s’est fait naturellement et est tout de suite devenu un incontournable dans ma vie. Peu de temps après, mon frère Aurélien en a fait autant.

 

Parle nous de ton parcours, ton expérience dans le rugby ?

J’ai fait mes gammes à l’école de rugby du CSL avec de supers éducateurs dans chaque catégorie, qui m’ont donné les moyens d’aller côtoyer le haut niveau chez les jeunes, avec ABCD XV en Crabos.

Après le lycée, beaucoup de choses ont changé. J’ai fait une saison blanche à cause d’une maladie qui m’a un peu « coupé » dans mon élan et avec l’arrivée dans les études supérieures au même moment, mes centres d’intérêts se sont décalés petit à petit vers d’autres sphères : les filles, les amis, les études…

Ce moment a aussi coïncidé avec la rencontre d’un certain Alex Farina, qui m’a pris dans ses valises pour aller à Champagnole pendant 1 an, en Fédérale 3, puis à Pontarlier durant 2 ans où j’aurai connu ma première montée et maintien en Fédérale 2. Que de supers moments chez les montagnards que je salue…

Mais mon retour à Lons s’est fait naturellement, en 2013-2014 grâce à Jean-Pierre Badin qui avait à cœur de rapatrier les étudiants Bisontins de Lons. Cette année-là, je deviens psychologue du travail et on remporte le championnat de Bourgogne-Franche-Comté en Honneur pour accéder à la Fédérale 3.

Lors de la saison 2014-2015, nous nous qualifions pour les phases finales et ce fût une de mes plus belles années rugbystiques. C’est lors de cette année que j’ai trouvé du travail en Ile-de-France en tant que psychologue du travail, juste au début des phases finales. Je travaille et joue les 2 saisons suivantes à Meaux, où je connais ma seconde montée en Fédérale 2, avant de quitter le club et mon travail pour reprendre un Master en ergonomie avec le CNAM de Nantes.

Durant les 2 années suivantes (2017-2019), c’était alternance entre l’école à Nantes et Rouen, où se situait l’entreprise qui m’accueillait. Le rugby a donc depuis été mis entre parenthèses faute de temps, malgré une saison passée dans le club du RC Pont-Audemer, où j’ai trouvé de réelles valeurs humaines dans une région où le rugby reste plus amateur (faut-il y voir un lien ?).

Cette saison, je suis donc revenu et je me prépare pour la reprise tant attendue…

 

Pourquoi revenir au CSL, quelles sont tes attentes, tes craintes… ?

Mon départ du CSL en 2015 a été un réel arrachement pour moi. C’était une migration pour raison professionnelle qui a signifié l’éloignement de la famille, des amis et de tout un périmètre qui m’était confortable. Cela a duré 5 ans, épaulé par ma compagne Manon avec qui nous avons beaucoup évolué ensemble. L’occasion pour moi de la remercier…

5 ans durant lesquels j’ai sans doute idéalisé tout ce qui m’a manqué, dont le CSL, mais cela explique que mon retour n’est que le fruit d’une évidence.

J’attend seulement de retrouver les Hommes et Femmes de ce club, car avec les valeurs qui les fondent, le reste suivra : les efforts d’abord, les performances ensuite. Cela nous permettra d’apprécier nos 3èmes mi-temps avec nos supporters comme il se doit, j’espère.

En ce qui concerne mes craintes, ce sont plutôt des remises en question égocentrées : Serais-je au niveau ? Arriverai-je à me fondre dans ce groupe ? Aurai-je une valeur ajoutée sur le terrain ou en dehors

 

A quel poste tu vas jouer ? Quelles sont tes qualités ?

A priori, je suis plutôt attendu en tant que demi d’ouverture, mais je peux également jouer centre et épauler le 10. Durant mes années à Meaux, je me suis épanoui un temps à l’arrière et c’était une expérience enrichissante. Je ne suis pas le plus rapide des joueurs mais c’est un poste où on a un peu plus de temps pour prendre les informations…

 

Ton meilleur souvenir au rugby ?

Indéniablement le jour du dernier match de poule en 2015, contre Belleville et dans ce beau et vivant stade Dumas.

L’équipe nous fait l’honneur d’entrer en premiers avec Duboch’ (Arnaud DUBOIS) devant un stade comble. Ensuite, on gagne et on se qualifie contre cette équipe solide sur un dernier essai que j’ai la chance de marquer à la dernière minute.

Au coup de sifflet final, je rejoins toute ma famille qui est venue me saluer, encore plus en nombre qu’habituellement. Moment le plus intense de ma carrière, entre larmes de joie pour le devoir accompli, et larmes de tristesse car ce coup de sifflet final scelle mon départ…

 

Tes projets futurs, ton objectif ?

Dans le futur, j’espère pouvoir continuer à m’épanouir professionnellement comme c’est le cas actuellement, au sein de l’OPSAT.

Côté sportif, j’espère encore avoir quelques saisons à faire au sein de mon club de cœur et j’espère pouvoir transmettre un peu de mon vécu aux plus jeunes.

De toute façon, je fais confiance aux dirigeants ainsi qu’aux joueurs pour que ce club reste un poumon de la ville de Lons et un rendez-vous de qualité pour les dimanches après-midi.

 

Adrien CONTARDO